
Entre la création du modèle et le produit fini, une dizaine d’étapes essentielles sont nécessaires pour obtenir un bijou de qualité.
Le créateur du modèle dessine, retouche et décide des éléments qui composeront le bijou. Ses idées sont généralement transposées sur une prémaquette en cire, puis une maquette finale en métal, parfois en or ou en argent.
Il faut ensuite élaborer la couleur du métal précieux choisi pour le bijou. S’il s’agit d’or, il arrive sous forme de plaques et de lingots que l’on fera passer par différentes phases d’alliage avec d’autres métaux pour obtenir la couleur voulue (en respectant scrupuleusement la réglementation du titre).
Les bijoux de diffusion sont élaborés par la technique de la fonte à cire perdue permettant plusieurs reproductions d’un même modèle. En haute joaillerie, les pièces uniques sont réalisées à la main.
Deux poinçons, celui du fabricant et celui de la garantie du titre certifiant le métal précieux utilisé, sont obligatoirement apposés sur la pièce terminée.
Dernière touche, le polissage qui enlève au bijou les traces laissées par les outils tranchants. Le polissage est réalisé en machine puis à la main avec des brosses et des pâtes à lustrer jusqu’à ce que la surface du bijou soit étincelante.
La technique de l’électroformage permet d’obtenir des bijoux en or creux, notamment des boucles d’oreilles, avec un titre garanti. Pour ce faire, on dépose sur une forme, par électrolyse, une couche d’or 750 millièmes. L’opération est répétée plusieurs fois, par couches successives.
La taille est l’opération essentielle effectuée par le lapidaire afin d’obtenir de la pierre son plus bel éclat.
Elle commence par l’étude du cristal brut en vue de déterminer les directions cristallographiques, la position des inclusions et surtout la répartition de la couleur. L’idéal n’est pas de respecter son volume (une pierre peut perdre jusqu’à 40% de sa masse au cours de l’opération) mais de mettre en valeur sa pureté.
C’est une démarche que les joailliers d’autrefois hésitaient à entreprendre. Ce n’est qu’au 20ème siècle que furent mises au point les techniques les plus élaborées de taille des diamants que l’on refusait, jusqu’alors, de réduire.
Auparavant, n’entraient dans les trésors royaux et princiers que des gemmes simplement facettées et taillées afin de révéler leur beauté. Ce sont des pierres qui ont, aujourd’hui, une valeur inestimable.
Pour la taille des pierres de couleur, chaque lapidaire possède des secrets jalousement gardés. La taille de la pierre permet également de corriger les petits défauts naturels d’une pierre.
Les tailles « ronde », « poire », « cœur » et « navette » restent les plus fréquemment utilisées.
La taille des facettes est une étape essentielle du travail des pierres. On ignore exactement la date de son apparition dans l’histoire des techniques. Cette étape va permettre de donner tout l’éclat des feux d’un diamant, la plus dure des pierres et par là, la plus apte à un travail de haute précision.
Tolkowski, tous les feux du diamant
Marcel Tolkowski fut le créateur, en 1919, de la taille brillant rond qui porte son nom : 32 facettes sur le dessus (la couronne), 24 facettes sur le dessous (la culasse) et la table.
Egalement inventeur de la taille « Gabrielle » à 105 facettes, Tolkowski est aussi l’homme qui tailla deux des plus beaux diamants du 20ème siècle, dont le Centenaire, joyau de 599 carats qui exigea trois ans de travail et la collaboration d’une douzaine de personnes.
Le sertissage est l’opération permettant de fixer les pierres sur une monture.
Le sertisseur utilise des outils tels qu’échoppes et fraises pour intervenir sur la monture préparée par le joaillier. Paris reste une des capitales mondiales de l’art du sertissage grâce à l’extrême adresse acquise par ses joailliers au cours des siècles. Palme d’or de ce savoir faire, le serti invisible, où la monture s’efface pour donner aux pierres toute leur importance.
Il existe également un choix important de sertis adaptés à toutes les formes, tous les styles de bijoux. On retiendra le serti clos qui entoure complètement la pierre, le serti massé où le métal est ramené vers la pierre à l’aide d’un ciselet ou d’une masse et enfin le serti à grains qui entoure la pierre de copeaux de métal façonnés comme des perles ou des grains.
Le serti réalisé au laser permet de sertir des pierres ne pouvant pas être chauffées. Il produit en 5 millièmes de secondes une fusion de 5 000°C en un point précis en évitant à la pierre des variations de chaleur.
Six siècles se sont écoulés avant d’arriver à unifier les poinçons.
Ils sont obligatoires depuis le Moyen Age afin d’assurer une garantie de titre à l’acheteur. Avant cette période, la plus grande diversité régnait en matière de poinçons entre les différentes régions et les corporations. Au point qu’il fallait souvent une véritable expertise pour reconnaître leur origine et comprendre leur signification.
La Révolution Française a unifié tout cela. Le 9 novembre 1797, une loi fixe une même réglementation pour le travail des métaux. Les poinçons officiels de titre et de garantie vont remplacer les nombreuses marques apposées durant l’Ancien Régime tandis que le poinçon du fabricant adopte la forme d’un losange.
Aujourd’hui encore ces deux poinçons, de titre et de fabricant, figurent obligatoirement sur la joaillerie française.
Il existe plusieurs types de poinçons de garantie du titre selon le poids de métal pur contenu dans un bijou. Pour l’or 4 poinçons différents sont utilisés : la tête d’aigle est apposée sur l’or à 750 millièmes (anciennement 18 carats) et 916 millièmes (anciennement 22 carats), la coquille St Jacques correspond à l’alliage d’or 585 millièmes (ex 14 carats) et la feuille de trèfle à l’alliage d’or 375 millièmes (ex 9 carats).
Pour sa part, l’argent à 925 millièmes est garanti par la tête de Minerve. Le platine à 950 millièmes est attesté par une tête de chien et le vermeil par la tête de Minerve suivi de la mention « vermeil ».
Si la forme de losange correspond au poinçon des fabricants français, la forme ovale signifie que le bijou a été fabriqué hors de France.