Les 277 manèges
Les pierres précieuses
Le diamant
La star des pierres : la plus recherchée et la plus enviée.
Marylin Monroe proclamait que « les diamants sont les meilleurs amis de la femme ». Si cet axiome est vrai aujourd’hui, il n’en fut pas toujours ainsi.
Jusqu’au 13ème siècle, les chrétiens, méfiants, considéraient le diamant comme une pierre maléfique. Le roi Saint Louis, pour sa part, le fit purement et simplement interdire aux femmes et aux roturiers, réservant à sa seule personne ainsi qu’à son entourage le plaisir divin de le porter. Une manière d’indiquer clairement où se trouvait le pouvoir.
La France dut attendre Agnès Sorel, favorite du roi Charles VII, pour que le diamant sorte de cet isolement monarchique et serve de parure à une jolie femme. La mode des diamants était lancée.
Deux siècles plus tard, la pierre devient, dans les milieux aisés, la façon la plus convaincante de faire sa déclaration. Symbole de pureté, de courage et d’engagement elle constitue alors un talisman entre époux et, lorsque surviennent les premiers orages, une pierre de réconciliation.
Longtemps le diamant s’est porté simplement poli. Une pratique qui sera délaissée après l’apparition de la mécanisation de la taille au début du 20ème siècle. C’est alors l’éclat maximal de la pierre qui est recherché, quitte à perdre de 20 à 40% du poids du brut selon la forme de la taille souhaitée. Une véritable hérésie pour les anciens !
Aujourd’hui, un diamant est évalué selon sa taille, sa couleur, sa pureté et son poids. Ce sont les indispensables 4C du joaillier : cut (taille), color (couleur), clarity (pureté) et carat (poids).
Un carat pèse 0,20gramme. Un diamant de 2 carats équivaut donc à 40 mg. Toutefois le poids, en ce domaine comme en bien d’autres, ne garantit pas la qualité. Un petit diamant parfaitement taillé, d’une couleur et d’une clarté absolues mérite davantage le détour qu’une pierre plus impressionnante.
La couleur des diamants : il existe des diamants de toutes les couleurs, bleu, rouge, vert, jaune… Ces diamants, dénommés « fancy » sont rarissimes. Ainsi le célébrissime Hope, le plus grand et le plus beau diamant bleu du monde exposé au Smithsonian Institute à Washington n’a acquis son éclat légendaire qu’après avoir été retaillé en 1912. L’opération, il est vrai, lui a coûté un tiers de son poids. Il est ainsi passé de 69 à 45,52 carats. Une bagatelle.
C’est surtout l’absence de couleur que recherche l’acheteur. Summum de rareté, le « blanc exceptionnel » est convoité par les riches amateurs. Les diamants totalement incolores sont très rares. On évalue la couleur des diamants sur une échelle qui va du blanc exceptionnel jusqu'au jaune pâle.
Le saphir
Tels les jumeaux Castor et Pollux, le saphir forme avec le rubis le prestigieux tandem des corindons.
Même structure mais couleur opposée à celle de son illustre frère rouge, le saphir incarne l’absolu de la paix et de l’espace. Les Perses étaient d’ailleurs convaincus que la Terre reposait sur un saphir géant qui reflétait son bleu intense vers le ciel. Guère étonnant, dans ces conditions, qu’en hébreu saphir signifie « la plus belle des choses ».
Le Cachemire est sans doute le lieu d’origine le plus prestigieux des saphirs grâce à leur bleu velouté, introuvable nulle part ailleurs. Cependant la Birmanie occupe une place très honorable puisque on y extrait depuis des siècles des saphirs d’un bleu indigo très recherchés par les grands joailliers
Depuis les années 1970, on observe l’essor des mines du Sri Lanka produisant des saphirs bleu clair qui n’ont pas tout de suite séduit les amateurs du bleu birman. Mais on peut approfondir la teinte en les chauffant, ce qui permet d’obtenir des pierres magnifiques.
Restent les saphirs australiens et taïwanais, moins appréciés en raison de leur nuance verdâtre, ainsi que ceux de Madagascar, d’un bleu d’encre. Le grand saphir que Louis XIV portait en épingle de chapeau ou sur son jabot a été considéré jusqu’au 19ème siècle comme le plus beau du monde. Son poids considérable (135,80 carats) et sa ligne étrange ont certainement découragé les voleurs qui s’emparèrent des bijoux de la Couronne en 1792, laissant à terre « un gros morceau de saphir, d’une forme losange… ».
Le rubis
Si la couleur rouge du rubis est l’une des plus rares du règne minéral, il possède d’autres atouts qui en font une pierre d’exception.
En premier lieu sa densité et sa résistance remarquable placent le rubis juste après le diamant. Ensuite vient son lien de parenté avec son frère jumeau, le saphir. Tous les deux appartiennent à la famille des corindons.
Célébré de nos jours comme le symbole du courage et de la passion, le rubis a longtemps été confondu avec d’autres joyaux rouges.
Les princes de France confondaient les Spinelles (belles gemmes rouges) avec des rubis.
Les rubis les plus recherchés, extraits au Myanmar (ex Birmanie), sont de couleur « sang de pigeon » ainsi nommés du fait du rouge profond qui porte « comme un souvenir de bleu ».
Les très beaux rubis de qualité, très rares au-dessus de 10 carats atteignent des prix très élevés.
Les grands amateurs de rubis birmans furent les maharadjahs qui adoraient orner leurs armes, leurs vêtements ou leur trône. Celui de Nâdir Shâh en est constellé et présente deux rubis de taille exceptionnelle de 50 et 75 carats.
L'émeraude
Contrairement à d’autres gemmes que la nature décline en différentes couleurs, l’émeraude est toujours verte. Symbole d’espérance, de santé, de félicité maritale et de fertilité, l’émeraude semble un remède universel contre tous les ennuis.
Connue depuis l’Antiquité, l’émeraude a cependant subi le préjudice de se voir confondue avec une douzaine de pierres de la famille des béryls portant toutes le nom « émeraude ». Rectification faite, ce n’est qu’au 16ème siècle que l’on découvrit sur le continent amérindien les plus belles émeraudes.
Aujourd’hui encore, on s’accorde à dire que les joyaux colombiens et asiatiques qui charmèrent l’œil des maharadjahs et des princes à travers le monde sont les plus exceptionnels. Cependant, ces émeraudes dites « de vieilles mines » sont assez rares et leur couleur d’un vert chaleureux est désormais supplantée par le vert profond des émeraudes en provenance d’Afghanistan.
En 1993, on a découvert un immense trésor à bord de l’épave d’un galion coulé en 1756 à son retour d’Amérique de Sud : 25 000 carats d’émeraudes taillées, 25 000 carats d’émeraudes polies ainsi qu’un groupe de cristaux de 24 644 carats et bijoux aztèques et mayas.
De quoi laisser rêveur…

































































































